Renforcement du delta

Les normes finalement établies par la Commission du Delta pour le site même du delta (se référer à La norme Delta pour les Digues, un peu plus bas) exigeaient l'adaptation de presque toutes les digues et de grandes portions de la côte de dunes. Dans la zone du delta, plus de 160 km de digues, dont 25 km de dunes, devaient être renforcés.

Longueur en km des renforcements de digues et de dunes:

Localité

Renforcement du delta 1959 - 1990

 

digues

dunes

Flandres zélandaises

67,5

5,0

Walcheren

16,5

8,1

Beveland Sud

47,0

 

Beveland Nord

1,0

 

Schouwen-Duiveland

 

2,4

Tholen

 

 

Saint-Philipsland

 

 

Brabant occidental

 

 

Goeree

 

3,0

Voorne

 

6,4

 

 

 

Total

132,0

24,9

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avant 1953, c'était l'expérience acquise qui servait à fixer la hauteur et la largeur d'une digue. On tenait compte des fortes marées d'équinoxe et de tempête et l'on étudiait jusqu'à quelle hauteur l'eau avait jeté des alluvions ou des objets sur la digue pendant une puissante marée. Cette ligne indiquait jusqu'à quelle hauteur il fallait rehausser la digue.

La norme Delta pour les digues

La Commission du Delta fit des recommandations de construction de digues, basée sur un calcul de probabilité. Une norme de sécurité fut séparément établie pour les différentes régions de la Hollande, du Delta, des Wadden (îles de Frise occidentales) et du bassin fluvial sur la base d'un chiffre brut de considération du risque tenant compte de la valeur économique de la zone, du nombre d'habitants, du bâti etc. On décida que les digues et retenues de la zone du delta devaient pouvoir contenir une énorme marée d'équinoxe et de tempête pouvant survenir une fois tous les 4 000 ans. On put, à partir de cette norme de sécurité, calculer au moyen de formules la hauteur que devaient avoir les digues pour garantir cette sécurité de 1/4000 par an.
Pour éviter que la solidité de la digue ne soit atteinte par le déferlement et la pénétration de l'eau, on choisit de réaliser un talus intérieur (la pente située du côté terre) de faible inclinaison et un revêtement d'argile d'une grosse épaisseur.

Une méthode de calcul n'existant pas encore pour le revêtement de pierre, on continua à se servir à ce sujet de l'expérience acquise dans la pratique.

Tester les dunes

Il n'existait pas en principe de plans de conception de dunes. On s'aperçut après des mesures prises sur la côte après de fortes marées de tempête et après des études réalisées sur des modèles que, après une telle puissante marée, se créait une nouvelle plage au profil d'équilibre prévisible. Pour que l'eau ne puisse pas passer, il fallait que la masse de sable des dunes et de la plage puisse contenir ce profil. La Commission de conseil technique pour les digues et barrages établit en 1972 une directive provisoire. La "Notice d'évaluation de la solidité des dunes en tant que barrage contre la mer" ne fut publiée que plusieurs années plus tard, en 1984. La plupart des renforcements définitifs de dunes n'ont été exécutés qu'après cette publication.

Ajustements

L'exécution des travaux du delta exigea parfois l'ajustement et l'adaptation des digues. Pour améliorer la sécurité, on remplaça le grand nombre d'écluses d'évacuation et de stations de pompage de l'eau des polders, installées dans les digues, par quelques grandes stations de pompage qui devaient desservir une plus grande zone d'évacuation d'eau. Presque toutes les stations de pompage qui fonctionnent actuellement en Zélande ont été adaptées entre 1965 et 1990 et intégrées de façon sécurisée au corps de digue.

Un autre exemple d'ajustement d'une digue survint suite à la fermeture du Volkerak. Cette dernière causa la montée significative du niveau de l'eau le long de Krammer, Zijpe, Mastgat et Keeten. Le délai de réalisation du rehaussement nécessaire de la digue étant relativement court, on choisit en 1969 de rehausser (temporairement) la digue sur plusieurs kilomètres au moyen d'un batardeau.

Coûts

Le gouvernement voulait au départ rembourser 75 % des travaux de renforcement du delta. Mais il décida en 1969, au grand soulagement des Administrations des Eaux, de les subventionner à 100 %. Les coûts de préparation restèrent cependant à la charge des Administrations des Eaux.

 

top